Dans le cadre du TraAM Histoire des arts, notre académie a mené une réflexion approfondie sur les liens entre l’art et l’intelligence artificielle (IA).
Questionnements
Cette expérimentation, menée cette année scolaire 2025-2026, avait pour objectif d’explorer les apports pédagogiques de ces nouveaux outils tout en développant chez les élèves une compréhension critique de leurs usages.
Trois questions majeures ont guidé les travaux : quelles plus-values l’IA apporte-t-elle aux apprentissages des élèves ? Comment renouvelle-t-elle les pratiques enseignantes ? Enfin, comment développer l’esprit critique face aux productions générées par l’IA ?
Expérimentations
Pour répondre à ces interrogations, quatre scénarii pédagogiques interdisciplinaires ont été élaborés au collège. Le premier, « L’amour à l’ère des images », a associé l’Histoire des arts, le français et les arts plastiques en classe de quatrième. Le deuxième, « Le beau et le laid », a permis aux élèves de troisième de questionner les critères esthétiques à travers l’éducation musicale et l’histoire des arts. Le troisième scénario, « Le langage au service de l’autonomie de l’image », a exploré en arts plastiques la relation entre texte et image générée. Enfin, « Molière en costumes », destiné aux élèves de cinquième, a mobilisé le français et l’Histoire des arts autour de la représentation symbolique des personnages du théâtre classique.

Objectifs
Ces expérimentations se sont articulées autour de trois grands axes. Le premier visait à développer un regard critique sur les productions générées par l’IA. Les élèves ont été amenés à analyser les images et les musiques produites, à identifier les biais et les stéréotypes qu’elles peuvent véhiculer, mais aussi à questionner les usages de ces technologies dans la société contemporaine.
Le deuxième axe consistait à interroger le statut de l’image et de la musique à l’ère de l’intelligence artificielle. Entre création originale, reproduction d’œuvres existantes et altération du réel, les élèves ont découvert que l’image et le son, la musique générés soulèvent de nombreuses questions artistiques, éthiques et culturelles. Cette réflexion a permis de renouveler l’approche de l’analyse d’image et de musique en Histoire des arts.
Le troisième axe portait sur la maîtrise du vocabulaire spécifique lié à l’IA et à la création numérique. Les élèves ont appris à utiliser des notions précises pour décrire, analyser et interpréter les productions visuelles et sonores.
Une attention particulière a été accordée à la question du prompt. Celui-ci est apparu comme un outil essentiel pour entrer dans la description de l’image et de la musique. En formulant des consignes détaillées, les élèves ont pris conscience du rôle du langage dans la construction des représentations visuelles et sonores. Le prompt est ainsi devenu un véritable levier d’apprentissage, favorisant l’observation, la précision lexicale et l’analyse critique.

Plus-value en conclusion
Au terme de ces expérimentations, l’IA apparaît comme un outil pédagogique stimulant qui favorise la créativité, l’engagement des élèves et le développement de compétences d’analyse. Toutefois, son utilisation nécessite un accompagnement rigoureux afin de former des citoyens capables de comprendre, questionner et évaluer les productions générées. Les scénarios développés dans le cadre du TraAM montrent ainsi que l’intelligence artificielle constitue une opportunité pour renouveler l’enseignement de l’Histoire des arts tout en renforçant l’esprit critique des élèves.
Travaux Académiques Mutualisés sous la direction de Madame Hélène Croisonnier, IA-IPR d’Histoire des arts dans l’académie de Corse.
Publication sur le site académique d’Histoire des Arts.
Fiche EduBase HDA de ce TraAms.
Pilotage Laura Biancamaria, IAN d’Histoire des arts
Professeurs : Emmanuelle Cervetti (IAN Education musicale et chant choral), Alexandra Villani et Eléa Arabi (IAN Arts plastiques).
