Le « Repar’Atelier » du collège de Casinca réemploie ses ordinateurs et tablettes obsolètes ou dégradés.
Depuis 2022, notre Repar’Atelier lutte contre le gaspillage en réparant plutôt qu’en jetant. Parmi nos chantiers : redonner vie à des ordinateurs et des tablettes mis de côté car obsolètes ou en panne, et prolonger leur durée de vie au-delà de Windows 10.
Le Repar’Atelier : réparer plutôt que jeter
Depuis 2022, notre collège dispose d’un Repar’Atelier dont l’objectif est de lutter contre le gaspillage et d’éviter de jeter les objets cassés. Guidés par leurs professeurs de technologie, les élèves apprennent à diagnostiquer, démonter et réparer divers objets du quotidien : électroménager, matériel informatique, instruments de musique… L’un de nos premiers axes d’activités consiste à puiser dans le matériel informatique du collège que nous avions mis de côté parce qu’obsolète ou dégradé. Deux exemples en témoignent.
1. Des ordinateurs obsolètes remis à niveau pour le CDI
Ces postes faisaient partie des dotations d’équipements des salles de technologie et de sciences en 2012/2013. Après leur remplacement par des machines plus récentes, certaines sont restées stockées pour du dépannage. Leur ancienneté et la fin du support de Windows 7 les avaient rendues obsolètes.
Pour leur offrir une seconde jeunesse, nous avons modifié trois éléments :
| AVANT | APRES | |
| Disque dur | Mécanique, 500 Go | SSD, 240 Go |
| Mémoire RAM | 2 Go | 4 Go |
| Système d’exploitation | Windows 7 (64 bits) | Windows 10 (64 bits) |
Le remplacement du stockage et de la mémoire ont rendu le démarrage plus rapide et l’utilisation de l’ordinateur beaucoup plus fluide. La migration du système d’exploitation a été possible car la détention d’une licence Windows 7 permet de passer à Windows 10, sous la forme d’une licence numérique. La mise à jour a été réalisée par les élèves du Repar’Atelier en 2023 et, depuis, ces ordinateurs sont utilisés au CDI du collège.

2. Des tablettes hors-service transformées en ordinateurs tout-en-un
Ces tablettes ont été distribuées en 2015/2016 dans le cadre du plan numérique des collèges. D’abord attribuées individuellement aux élèves, elles ont été regroupées en classes nomades au bout de deux ans pour une utilisation exclusive au collège. Dès la première phase, un certain nombre d’entre elles avaient été dégradées et n’étaient plus utilisables. D’autres sont tombées en panne après la fin de la garantie, le plus souvent à cause d’une batterie hors service. Nous avons conservé ces tablettes défectueuses comme pièces détachées pour dépanner les classes nomades. Aujourd’hui encore, une soixantaine de tablettes fonctionnant sous Windows 10 sont utilisées quotidiennement par toutes les disciplines. Pour réutiliser celles dont l’écran est cassé ou la batterie hors-service, nous les avons transformées en ordinateurs de type tout-en-un. Six l’ont été à ce jour, et au moins une vingtaine pourraient l’être au total. Le principe :
● la tablette est reliée à un écran, un clavier et une souris, tous issus de la récupération d’anciens matériels ;
● un support de fixation a été modélisé puis imprimé sur l’imprimante 3D du collège ;
● un adaptateur micro-HDMI vers VGA et un hub USB ont été achetés pour assurer les connexions;
● le système d’exploitation, Windows 10 x64, a été mis à jour vers la dernière version.

3. Et demain ? Cap sur Linux
Le support officiel de Windows 10 a pris fin le 14 octobre 2025 : les ordinateurs qui fonctionnent sous ce système, dont nos postes du CDI et nos tablettes, ne reçoivent donc plus de mises à jour. Pour continuer à utiliser ce matériel sans risque de sécurité, il est possible de basculer vers un système d’exploitation Linux, dont certaines distributions sont tout à fait adaptées aux machines anciennes et à un usage scolaire.
Parmi elles, Linux NIRD (pour Numérique Inclusif, Responsable et Durable), a été créée, et testée par des enseignants et des acteurs de l’éducation. Nous prévoyons de la faire tester par les élèves du Repar’Atelier de fin 2026 à juin 2027.

Prolonger la durée de vie, gagner en autonomie
Prolonger la durée de vie du matériel est au cœur de la sobriété numérique : selon l’étude ADEME-Arcep, la fabrication des équipements représente environ 80 % de l’empreinte carbone du numérique en France, et chaque machine qui reste en service est une machine neuve que l’on n’achète pas. Passer à Linux permettrait d’aller plus loin, en réduisant notre dépendance à Microsoft et aux échéances qu’impose l’éditeur : nous déciderions nous-mêmes du moment où un matériel cesse d’être utile, et non plus la fin d’un support logiciel.
