Le numérique est partout dans notre métier. Mais que pèse-t-il vraiment pour l’environnement ? Voici quatre idées reçues passées au crible, chiffres à l’appui.

« Vider ma boîte mail académique, c’est le geste le plus efficace. »

Plutôt faux.

Les centres de données fonctionnent en continu, quel que soit le volume de mails stockés : supprimer ses vieux messages ne change donc presque rien. L’ADEME ne cite d’ailleurs pas ce geste dans ses conseils ; elle recommande plutôt de se désabonner des newsletters qu’on ne lit pas et d’éviter les pièces jointes lourdes. Ce qui pèse vraiment, c’est le matériel. Le numérique représente 4,4 % de l’empreinte carbone de la France, et la moitié de cette empreinte vient de nos appareils : 42 % dès leur fabrication, contre seulement 8 % pour leur utilisation. Autrement dit, garder son ordinateur ou son téléphone deux ans de plus est bien plus utile que d’effacer des milliers de mails.

« Projeter une vidéo en streaming ou téléchargée, c’est pareil. »

Faux.

En streaming, la vidéo repasse par le réseau à chaque lecture. Il est recommandé de télécharger les contenus à l’avance et d’adapter la résolution à l’écran utilisé. Les réglages comptent beaucoup. Sur un ordinateur portable, une heure de streaming émet entre 53 et 110 g de CO₂ selon le paramétrage, soit du simple au double. La connexion joue aussi, via la fibre ou l’ADSL, les données ont 10 fois moins d’impact qu’en 4G ou 5G. En classe, mieux vaut donc un ordinateur relié au réseau de l’établissement que le partage de connexion de son téléphone.

« Demander à une IA de reformuler une consigne, c’est sans conséquence. »

À nuancer.

Pour une simple demande en texte, l’impact est faible. Le chiffre souvent répété d’une consommation « dix fois plus élevée » qu’une recherche Google vient d’une estimation de 2023, invalidée depuis. Les estimations récentes placent une requête texte à quelques dixièmes de wattheure, du même ordre qu’une recherche web. En revanche, générer une image consomme environ dix fois plus que générer du texte, et la vidéo encore bien davantage. Ce qui fait le poids environnemental de l’IA, c’est surtout la multiplication des requêtes à l’échelle mondiale. Reformuler une consigne n’est donc pas un problème. Le bon réflexe est plutôt d’éviter les images générées « pour décorer » et les allers-retours inutiles, comme le recommande le cadre d’usage de l’IA publié par le ministère en 2025. 

« Sensibiliser les élèves à la sobriété numérique fait partie de nos missions. »

Vrai.

Depuis la loi REEN du 15 novembre 2021, l’article L. 312-9 du code de l’éducation précise que la formation au numérique des élèves comprend une sensibilisation à l’impact environnemental des outils numériques et un volet consacré à la sobriété numérique. Cette formation concerne les écoles, les collèges et les lycées. Ce n’est donc pas réservé au professeur de technologie ou de SNT : c’est une mission partagée. On retrouve aussi ce thème dans le cadre de référence des compétences numériques, évalué par Pix, avec la compétence « Protéger la santé, le bien-être et l’environnement ».

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Mme. Sarah Cornu - DRANE
Rectorat de Corse
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Mme Julie Albertini - DRANE adjointe - Projets
Rectorat de Corse
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M. Gilles Cormi – DRANE adjoint - Pédagogie
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